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Infobésité, deepfakes,… les maladies de l’information

Article proposé par Maher SLOUMA Chercheur en Sciences de l’Information et de la Communication

De nos jours, la course à l’information est devenue le sport quotidien de tout un chacun.

Ce phénomène qui n’est d’ailleurs pas nouveau, s’est amplifié par la démocratisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), la multiplication des sources d’informations, la prolifération des émissions de télé en continu et parfois en interaction avec les spectateurs, la présence accrue du ‘’Smartphone’’ dans notre quotidien et la diffusion en direct ‘’Live’’ des évènements sportifs, culturels, politiques et même scientifiques via les médias sociaux.

Cette course vient à la suite de deux sommets mondiaux de la société de l’information qui se sont déroulés d’abord à Genève en 2003, puis à Tunis en 2005 où la voie était grandement ouverte au développement de l’infrastructure, des services et applications et au développement des TIC.

De ce fait, les individus, les institutions et les organisations de toutes sortes veulent prendre part à ce progrès technologique. Ils se sont mis en compétition pour avoir un avantage concurrentiel en ce sens. Notre présence numérique sur les différents RSN ne fait qu’intensifier l’abondance d’information notamment avec un accès rapide sur ‘’Smartphone’’.

Par ailleurs, l’accès en permanence à une multitude d’informations venant de tout horizon peut causer chez certains une surcharge informationnelle dite aussi ‘’Surinformation’’ ou encore ‘’Infobésité’’.

Ces pratiques informationnelles de plus en plus récurrentes dans notre société recoupent parfois avec une ‘’surcharge cognitive’’ au travail.

Cela peut conduire dans certains cas au ‘’burnout’’ si on n’est pas suffisamment formé à comment gérer un important flux d’information. Avoir accès à l’information est important, mais avoir accès à la bonne information au bon moment c’est encore mieux et ça aide à prendre les bonnes décisions. Pour ce faire, il devient donc indispensable pour chacun d’entre nous de développer une culture numérique lui permettant de maîtriser ses flux d’informations et de répondre adéquatement à son besoin informationnel. Ce processus pourrait être assuré par l’Éducation aux Médias et à l’Information ‘’EMI‘’ dans le milieu scolaire et universitaire pour les jeunes et par la formation continue pour les adultes et les actifs.

En outre, le fait de savoir identifier, vérifier, trier et croiser ses sources d’information permet de s’assurer de leur fiabilité et permet également de développer son propre système de filtrage d’information et de décliner le bruit informationnel, les ‘’fake news’’ ou encore les ‘’deepfakes’’. Cela pourrait être très utile notamment dans des contextes particuliers comme celui dans lequel nous vivons actuellement avec la propagation des informations souvent contradictoires sur le Covid-19. La vérification de la crédibilité des auteurs est aussi un élément de grande importance.

exemple de fake news sur le covid-19

Enfin, atteindre ces objectifs nécessite de faire appel en permanence à son esprit critique et cela ne s’improvise pas, il faut donc s’y préparer convenablement. Pour ce qui concerne les jeunes, le fait de les former à la création de contenu peut les aider à mieux analyser, déchiffrer et vérifier l’information et son authenticité. Quant au milieu professionnel, la gestion électronique des documents ‘’GED’’, la curation de contenu et le management de connaissances ‘’KM’’ apportent une aide précieuse et permettent d’avoir un avantage compétitif.

Dans tous les cas, l’usage raisonné du numérique ainsi que le fait de faire valoir son droit à la déconnexion dès que l’occasion se présente restent les meilleurs moyens pour se prémunir contre les différentes maladies de l’information.