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La présence numérique et les traces générées sur les RSN – par Maher SLOUMA

Les deux dernières décennies ont été marquées par la prolifération des Réseaux Sociaux Numériques (RSN) qui se sont imposés dans le quotidien de chacun d’entre nous et ont pris une place importante dans nos différentes pratiques informationnelles comme communicationnelles. Initialement conçus pour mettre en réseau des personnes et retrouver des anciens amis et camarades de classe comme ce fut le cas pour le site « Copains d’avant » ; un précurseur des réseaux sociaux en ligne. Les RSN ne cessent de fournir de nouvelles possibilités d’usages qui dépassent largement l’usage initial pour lequel ils étaient inventé.

Devenus incontournables à la promotion de soi, à la mise en valeur et à la communication instantanée, les RSN séduisent tant les personnes physiques que morales. La présence numérique (Merzeau, 2009) de ces derniers prend désormais différentes formes et touche à la fois la sphère professionnelle comme la sphère privée.

Du côté professionnel, la présence numérique des organisations s’est progressivement améliorée et s’oriente davantage vers une identité numérique plus au moins élaborée. Comparée à une simple présence sur les RSN et sur le Web, l’identité numérique doit refléter l’organisation physique qui la représente. Pour ce faire, il est important de se doter d’une stratégie claire et réfléchie permettant d’atteindre les objectifs préalablement établis. Cette stratégie englobe entre autres ; les valeurs de l’organisation, la charte graphique, la ligne éditoriale, le public visé, les règles typographiques, etc. (Chevry & Slouma, 2016).

Réussir son identité numérique (Slouma & Chevry, 2018) est une mission à part entière qui a donné naissance au métier du community manager. Malgré la montée en compétence dans ce domaine, cette mission reste exposée à de nombreux risques liés à la réputation en ligne.

Du côté personnel, les choses sont complètement différentes selon qu’on soit une personnalité publique, un artiste, un sportif, un politique, ou une simple personne lambda. Difficile d’être exhaustif sur ces différents cas d’usage, nous nous limiterons dans ce qui suit à ce qui concerne les jeunes de façon générale.

Pour ce qui est des pratiques des jeunes, elles concernent entre autres ; la mise en visibilité de soi sur internet, l’exposition de soi en ligne (Jauréguiberry, 2011), le partage des moments vécus et des lieux visités, le suivi des personnalités, l’abonnement aux infos et nouvelles des autres, mais aussi la communication instantanée, la formation des groupes privés ou la création des pages publics, etc.

Exposés plus que quiconque aux risques et dérives des pratiques numériques notamment celles liées au cyber-harcèlement, les jeunes doivent être sensibilisés au fait que tout passage sur le Web et sur les RSN laisse derrière lui des traces difficilement effaçables, visibles de tous et partout. Comme disait (Merzeau, 2009) : « On ne peut pas ne pas laisser des traces ». Cela peut impacter positivement comme négativement leur devenir professionnel, d’où l’intérêt d’y être formé. L’éducation aux médias et à l’information « EMI » prend ici tout son sens. Elle doit permettre une meilleure prise de conscience sur ce sujet et doit faire comprendre aux jeunes l’importance de veiller à contrôler par eux-mêmes leur présence numérique et leur réputation en ligne.

Mots clés : Présence numérique, identité numérique, RSN, EMI, réputation en ligne, traces numériques.